LES MALADIES INFLAMMATOIRES CHRONIQUES DE L’INTESTIN MIEUX COMPRISES

20 septembre 2016

Le travail mené par l’équipe d’Elisabeth Georges-Labouesse avec le concours de Michel Labouesse à l’Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellaire (unité Inserm 964, CNRS, Université de Strasbourg/IGBMC), a mis en lumière le rôle indispensable qu’assure l’ancrage des cellules à la matrice extracellulaire, telles les fondations d’un édifice, pour protéger l’intestin contre l’inflammation et le développement secondaire de cancer dans les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI). Ces résultats ouvrent la voie vers de nouvelles pistes thérapeutiques. Ils ont été publiés en ligne dans la revue  Gut le 1er juillet 2016

Les MICI, telles que la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique, sont des pathologies invalidantes causées par des inflammations récurrentes du tube digestif à l’origine d’ulcérations de la muqueuse intestinale et de diarrhées sévères. Les patients qui souffrent de MICI présentent un risque plus élevé de développer un cancer colorectal. En outre, plus la durée de la MICI est longue et l’atteinte intestinale importante, plus ce risque augmente.

Dans les MICI, l’homéostasie intestinale, normalement assurée par la parfaite symbiose entre l’épithélium et son mucus, la flore bactérienne et le système immunitaire, est fortement compromise. La plupart des études sur les MICI fait appel à des modèles de souris, portant ou non une mutation génétique, où l’inflammation et le cancer colorectal sont induits grâce à l’utilisation d’agents chimiques. Les modèles dans lesquels ces processus sont spontanés et suivent une progression qui pourrait mimer l’évolution observée chez l’homme sont très rares. En s’intéressant à la connexion entre l’épithélium et la membrane basale, réseau spécialisé de la matrice extracellulaire qui soutient les cellules, les chercheurs de l’IGBMC ont abouti à deux découvertes. Ils ont d’une part, révélé le rôle crucial de ces « fondations » pour protéger l’intestin contre l’inflammation et le cancer. D’autre part, ils ont établi des modèles de souris spontanés, ne reposant pas sur un traitement chimique pour déclencher la pathologie.

Efficient deletion of Itga6 in α6ΔIEC mice results in compromised hemidesmosomes and epithelial fragility. (

Connexion cellules épithéliales intestinales-membrane basale : l’essentiel, c’est de rester en contact 

Les cellules épithéliales de notre intestin représentent la première barrière qui assure l’interface avec le contenu intestinal, où elles interagissent en particulier avec la flore bactérienne. Ces cellules sont assises sur une chape nommée matrice extracellulaire, à laquelle elles adhèrent via des récepteurs spécifiques, les intégrines α6β4. Le travail mené à l’IGBMC, en collaboration avec des équipes situées à Lille, Paris et Strasbourg montre qu’en l’absence de cette intégrine, les cellules épithéliales envoient un signal de stress qui induit une réaction en chaîne, débutant par une inflammation aigüe, qui devient chronique et finit par dégénérer en cancer. C’est la première fois que l’importance de cette chape et de cette assise est démontrée in vivo.

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Source
De Arcangelis A(1), Hamade H(2), Alpy F(3), Normand S(4), Bruyère E(5), Lefebvre O(6), Méchine-Neuville A(7), Siebert S(1), Pfister V(1), Lepage P(8), Laquerriere P(9), Dembele D(1), Delanoye-Crespin A(4), Rodius S(10), Robine S(11), Kedinger M(12), Van Seuningen I(5), Simon-Assmann P(6), Chamaillard M(4), Labouesse M(13), Georges-Labouesse E(1). Hemidesmosome integrity protects the colon against colitis and colorectal cancer. Gut online 1 juillet 2016. doi:10.1136/gutjnl-2015-310847

Contact chercheur
Adèle De Arcangelis, Unité Inserm 964 IGBMC,  adele[at]igbmc.f


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