COMMENT LE VIRUS DE L'HEPATITE C CONTRIBUE AU DEVELOPPEMENT DU CANCER DU FOIE

09 mai 2017

Une équipe de l'unité Inserm 1110 de Strasbourg avec une collaboration internationale vient de montrer par quel mécanisme le virus de l'hépatite C contribue à induire le développement du plus fréquent des cancers primitifs du foie : le carcinome hépatocellulaire. Une découverte qui ouvre la voie à de potentielles nouvelles stratégies préventives.

Se développant à partir des cellules du foie (hépatocytes), le carcinome hépatocellulaire constitue à lui seul 90% des cancers primitifs de cet organe, et la seconde cause de décès par cancer dans le monde. Principal facteur de risque ? Une infection chronique par le virus de l'hépatite C (VHC). Plusieurs mécanismes par lequel ce dernier contribue au développement de ce cancer du foie ont été proposés. Mais dans leur ensemble, ils ne sont pas entièrement compris.

Une équipe internationale menée par le laboratoire Inserm 11100 de Strasbourg (directeur : Thomas Baumert) vient de découvrir une nouvelle pièce de ce puzzle complexe : leurs travaux montrent en effet que le VHC agit en "réduisant au silence" une enzyme connue pour son action antitumorale. Mieux encore, les chercheurs ont découvert comment.

Réactions en chaîne

Particules du virus de l'hépatite C (microscope électronique)

Dans la pratique, l'équipe a travaillé sur les biopsies du foie de 341 patients opérés pour un carcinome hépatocellulaire. Objectif : analyser l'expression de gènes codant pour des phosphatases, des enzymes impliquées dans la communication entre cellules et connues pour leur implication dans différents cancers. Ils ont ainsi découvert que l'expression du gène de la phosphatase PTPRD est deux à trois fois plus faible dans les hépatocytes infectés par le VHC et dans les lésions tumorales.

Mais l'équipe est allée plus loin dans la compréhension des mécanismes à l'œuvre, en mettant à jour toute une cascade d'acteurs impliqués. En effet, les chercheurs ont ensuite découvert que le VHC conduit au doublement de la production hépatique d'une petite molécule d’acide nucléique (miR-135a-5p) capable de bloquer l'expression du gène PTPRD.

Au final, les chercheurs ont observé que ce bâillonnement du gène PTPRD stimule l'activité d’une protéine codée par un gène au pouvoir cancérigène bien connu : l'oncogène STAT3. Conséquence : les patients subissant ces effets en cascade du VHC présentent une espérance de vie moindre, avec un risque plus élevé de rechute après résection de la tumeur.

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Source
N. Van Renne et al., miR-135a-5p-mediated downregulation of protein tyrosine phosphatase receptor delta is a candidate driver of HCV-associated hepatocarcinogenesis, Gut, édition en ligne du 3 février 2017. doi: 10.1136/gutjnl-2016-312270

Contact chercheur 
  Joachim Lupberger, laboratoire Inserm 1110 "Institut de recherche sur les maladies virales et hépatiques", Strasbourg
 joachim.lupberger[at]unistra.fr


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